Si j’utilise l’IA dans le cadre de mon travail en 2025 et qu’elle fait une erreur, qui est responsable ? Suis-je assuré ?

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Si j’utilise l’IA dans le cadre de mon travail en 2025 et qu’elle fait une erreur, qui est responsable ? Suis-je assuré ?

En 2025, l’intelligence artificielle générative s’invite partout, mais aussi dans des milliers d’entreprises françaises : des cabinets de conseil aux studios de création. C’est efficace, pas de problème. Mais en matière d’assurance, cette technologie soulève une question simple : qui assume quoi quand tout ne se passe pas comme prévu ?

L’IA dans le monde professionnel : qu’est-ce que c’est ?

En 2025, utiliser de l’IA générative, ce n’est plus expérimenter. C’est produire. Texte, code, image, analyse… Les métiers concernés se multiplient à mesure que les outils s’intègrent dans les workflows.

Les secteurs les plus concernés sont :

  • Les professions intellectuelles (consultants, avocats, experts-comptables)
  • Les métiers de la création (graphistes, rédacteurs, agences de communication)
  • Le développement informatique
  • L’analyse financière
  • La recherche médicale

Dans tous ces cas, l’IA génère des contenus qui entrent dans la chaîne de valeur, facturés à des clients. Et chaque contenu livré engage la responsabilité du professionnel.

Une nouvelle typologie de risques professionnels

L’IA générative introduit des risques à la fois juridiques, techniques et éthiques. Ils ne sont pas accessoires : ils peuvent engager une responsabilité contractuelle directe.

Sans être exhaustif, un audit de risques lié à l’IA couvre :

  • La violation de droits d’auteur, par reproduction involontaire d’éléments protégés
  • L’usage de données personnelles, y compris dans les prompts d’entraînement
  • Les biais algorithmiques, avec des impacts potentiellement discriminants
  • Les erreurs factuelles (appelées hallucinations), souvent présentées comme fiables
  • La dépendance à des outils tiers, avec des clauses d’usage parfois opaques

Ces risques ne relèvent pas uniquement du droit des nouvelles technologies. Ils se rattachent à des principes classiques de responsabilité civile, souvent couverts – mais parfois exclus – dans les contrats RC Pro.

Ce que couvre vraiment une RC Pro en 2025

Les assureurs ont dû s’adapter. En 2025, 60 % des contrats RC Pro incluent désormais des clauses spécifiques à l’usage de l’IA générative. Mais cette couverture reste conditionnée par plusieurs éléments :

  1. Existence d’une faute professionnelle : l’utilisation de l’IA doit s’accompagner d’une erreur, omission ou négligence.
  2. Dommage avéré : matériel, immatériel ou financier.
  3. Lien de causalité prouvé : la faute doit avoir déclenché le dommage.

Les exclusions les plus fréquentes concernent :

  • Les atteintes intentionnelles à la propriété intellectuelle
  • Les cyber-attaques (gérées via une autre police)
  • Les sanctions administratives ou les amendes

Dans les cas d’usage professionnel de l’IA, la charge de la preuve repose sur l’utilisateur. Il doit démontrer qu’il a vérifié, contrôlé, et documenté son usage. Ce point devient déterminant lors de l’instruction d’un sinistre.

Une responsabilité qui s’articule sur trois niveaux

Le droit français continue d’évoluer, mais la structure de la responsabilité suit déjà un schéma relativement clair :

  • L’éditeur de l’outil IA reste responsable en cas de défaut de conception, de sécurité ou de biais manifeste.
  • Le professionnel utilisateur engage sa responsabilité dans le choix de l’outil, son paramétrage et le contrôle humain effectué.
  • L’entreprise cliente peut engager la responsabilité contractuelle du prestataire si le livrable contient des erreurs, un contenu litigieux ou un défaut de performance.

À ce stade, le contrat RC Pro doit couvrir la responsabilité du professionnel dans son rôle d’utilisateur. Ce rôle inclut le choix des outils, la vérification des résultats et l’information donnée au client.

Comment les assureurs adaptent leurs garanties en 2025

L’adaptation se traduit par de nouveaux types de garanties et extensions, notamment :

  • Garantie hallucinations : couvrant les erreurs factuelles générées par l’IA, sous réserve d’une vérification humaine prouvée
  • Extension IA générative : intégrée dans les garanties RC Pro classiques ou proposée via avenant
  • Assurances combinées RC Pro + cyber-risque : particulièrement utiles pour les professions exposées aux fuites de données

Les assureurs demandent en retour des engagements de gouvernance. Cela passe par :

  • La formation des équipes
  • Une documentation claire des processus
  • Un audit de conformité des outils utilisés

Les professionnels qui démontrent cette démarche peuvent bénéficier d’une tarification plus lisible et d’un périmètre de couverture plus large.

Conseils pour une couverture opérationnelle fiable

Pour bénéficier d’une couverture efficace, plusieurs bonnes pratiques s’imposent :

  • Intégrer l’usage de l’IA dans vos contrats clients. Mentionnez les outils utilisés, leur rôle, les limites de garantie et les obligations de validation humaine.
  • Choisir des outils respectueux du RGPD. Privilégiez les fournisseurs qui garantissent la non-utilisation de vos données pour l’entraînement du modèle.
  • Mettre en place des procédures internes de vérification. Cela inclut la traçabilité des prompts, la revue humaine des contenus générés, et la mise à jour régulière des consignes d’usage.
  • Faire auditer vos pratiques IA tous les 12 mois, avec mise à jour trimestrielle de la cartographie des risques.

Ce niveau d’exigence conditionne l’activation réelle des garanties RC Pro en cas de contentieux.

L’IA générative modifie en profondeur le périmètre de la responsabilité professionnelle. L’assurance suit, mais avec des exigences techniques, contractuelles et juridiques précises. En 2025, ce ne sont pas les outils qui exposent les professionnels, mais la manière dont ils les utilisent. C’est là que l’assurance entre en scène. Et elle attend des preuves.

Crédit photo : © DC Studio – Freepik

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