Pour une entreprise, une tempête peut vite causer de gros dégâts : vitres explosées, enseignes arrachées, stock trempé… et contrat d’assurance scruté ligne par ligne. En 2025, avec la multiplication des phénomènes violents, la garantie tempête fait l’objet d’interprétations très précises. Voici ce qu’il faut vraiment savoir.
Ce que l’assureur entend par « tempête »
Une tempête, en langage d’assurance, c’est un évènement reconnu par des critères techniques. Soit il cause des dommages à des bâtiments réputés en bon état, soit Météo-France enregistre des vitesses supérieures à :
- 100 km/h en moyenne sur 10 minutes
- 145 km/h en rafale
Si ces seuils ne sont pas atteints ou documentés, l’assureur peut contester l’évènement… même si votre vitrine a explosé sous la pression du vent.
Ce terme peut aussi englober les tornades, les grêles et les pluies associées — mais uniquement si ces dernières ont un lien direct avec les effets du vent. À l’inverse, une infiltration d’eau par la toiture sans dégât structurel ne sera pas couverte dans le cadre de cette garantie.
Locaux, matériel, stocks : ce qui entre dans la garantie
L’assurance multirisque professionnelle peut couvrir plusieurs types de dommages, à condition que les garanties soient bien activées et que les clauses ne prévoient pas d’exclusion spécifique.
Ce qui est généralement pris en charge :
- Les dégâts subis par le bâtiment (murs, toitures, baies vitrées)
- Les enseignes et stores extérieurs s’ils sont fixés et déclarés
- Le mobilier professionnel et les équipements, si la tempête a provoqué une ouverture
- Les marchandises et stocks endommagés par l’humidité consécutive
- Les pertes d’exploitation dues à l’inaccessibilité des locaux
Mais attention : les végétaux, les clôtures ou les abris légers sont souvent exclus. Et si vous êtes locataire, vous n’êtes responsable que de ce qui se trouve à l’intérieur du bien. Le propriétaire reste en charge de l’enveloppe bâtie.
Que dit le code des assurances en 2025 ?
Aucune entreprise n’a d’obligation légale de souscrire une garantie tempête. Cependant, la loi impose aux assureurs d’inclure cette protection dans toute multirisque pro, sauf si une clause d’exclusion explicite figure au contrat.
L’article L.122-7 du Code des assurances prévoit donc une couverture de base… mais ne garantit pas qu’elle sera suffisante. Les infiltrations par défaut d’entretien, les ouvertures anciennes non réparées ou les installations non conformes peuvent annuler toute indemnisation.
Il faut également distinguer :
- La garantie tempête, qui s’active dès que les conditions sont réunies,
- La garantie catastrophe naturelle, qui nécessite un arrêté ministériel.
Les deux ne sont pas interchangeables, et la seconde n’est d’aucune utilité sans reconnaissance officielle de l’évènement.
Le coût des tempêtes en 2025 pour les entreprises françaises
En 2023, les tempêtes Ciaran et Domingos ont provoqué plus de 1,3 milliard d’euros de dommages. En 2024, on compte plus de 90 000 sinistres déclarés liés au vent, avec un coût moyen de 14 200 € par entreprise touchée.
Les incidents les plus fréquents :
- Enseignes pliées ou arrachées
- Tuiles ou bardages envolés
- Pertes de données dues à une coupure de courant prolongée
- Infiltrations ayant endommagé l’informatique ou les machines
Ce sont ces situations qui activent — ou pas — la garantie. Et dans bien des cas, l’indemnisation dépendra plus des conditions du contrat que de la violence réelle du vent.
Quelles garanties fonctionnent vraiment en cas de tempête ?
La multirisque professionnelle (MRP) peut contenir plusieurs niveaux de protection. Mais toutes ne sont pas activées par défaut, et certaines doivent être expressément ajoutées.
Voici les garanties clés à vérifier :
- Tempêtes, ouragans, cyclones : souvent incluse mais avec des plafonds de remboursement variables
- Dégâts des eaux : indispensable pour couvrir les infiltrations, à condition qu’une ouverture ait été causée par la tempête
- Bris de glace : pour les vitrines, baies, verrières
- Marchandises et matériels : attention aux limites par typologie de biens
- Pertes d’exploitation : ne couvre que les pertes chiffrées et prouvées
La plupart des contrats prévoient également des franchises spécifiques aux évènements climatiques. En 2025, certains assureurs proposent même des extensions automatiques en cas d’alerte orange ou rouge émise par Météo-France.
Procédure d’indemnisation : ce qu’il faut faire, et ne pas faire
En cas de sinistre, le délai légal pour déclarer est de 5 jours ouvrés. Passé ce délai, l’indemnisation peut être réduite, voire refusée.
Quelques réflexes indispensables :
- Photographier immédiatement les dégâts,
- Ne pas jeter les éléments endommagés avant le passage de l’expert,
- Réunir les justificatifs (factures, devis, preuves de valeur),
- Consigner les pertes d’exploitation (chiffre d’affaires manqué, annulations, etc.).
Si le sinistre est important, une expertise contradictoire peut être demandée. Et dans certains cas, la preuve de la vitesse du vent dans votre zone peut être exigée par l’assureur.
Anticiper : ce que vous pouvez faire dès maintenant
L’entretien du bâtiment est un point de vigilance majeur. Une toiture défectueuse ou des menuiseries vieillissantes sont des motifs fréquents de refus d’indemnisation. En 2025, plusieurs compagnies ont même intégré des clauses de vérification d’entretien régulier.
Voici les bons gestes :
- Inspecter annuellement toitures, fixations, vitrages,
- Déclarer tous les aménagements extérieurs à l’assureur,
- Sauvegarder les données critiques dans un cloud sécurisé,
- Conserver des photos datées de l’état initial du site.
Anticiper un sinistre, ce n’est pas deviner la météo. C’est préparer le dossier pour qu’il soit irréprochable au moment où l’assureur l’ouvrira.
Crédit photo : Freepik
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