Plus de 1970 accidents liés au travail par jour en 2023 : mais qui paie pour ce manque à gagner ?

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Plus de 1970 accidents liés au travail par jour en 2023 : mais qui paie pour ce manque à gagner ?

Se blesser en allant travailler ou sur son lieu d’activité peut sembler banal, mais sans couverture adaptée, les conséquences financières et administratives peuvent vite s’ajouter à la douleur.

Accidents du travail et de trajet : ce qui est couvert

En France, un accident du travail est défini comme un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, causant une lésion (article L411-1 du Code de la Sécurité sociale).

Cela comprend :

  • La chute dans les escaliers du bureau,
  • Le faux mouvement en portant une charge,
  • L’accident lors d’un déplacement professionnel.

Un accident de trajet couvre quant à lui le chemin direct entre le domicile et le lieu de travail ou le lieu de restauration habituel.

En 2023, 633 000 accidents du travail et 88 000 accidents de trajet ont été reconnus en France (CNAM). Les causes principales restent les chutes de plain-pied (30 %), les manutentions manuelles (29 %) et les accidents de circulation (13 %). Cela représente plus de 1 975 accidents par jour !

Des incidents quotidiens, mais aux conséquences parfois longues pour la santé comme pour la trésorerie.

Pour les salariés : qui paie et comment ?

Lorsqu’un salarié est victime d’un accident du travail ou de trajet, la Sécurité sociale via la branche AT/MP (Accidents du Travail et Maladies Professionnelles) prend en charge :

  • Les frais médicaux à 100 %sur la base des tarifs conventionnés.
  • Des indemnités journalières spécifiques après un délai de carence de trois jours (qui peut être supprimé par certaines conventions collectives).
  • Une rente si une incapacité permanente est constatée.
data-start=”1752″ data-end=”2072″>L’employeur a l’obligation de déclarer l’accident à la CPAM dans un délai de 48 heures après avoir été informé par le salarié (Cerfa n°14463*03). Le salarié, de son côté, doit consulter rapidement un médecin pour obtenir un certificat médical initial, pièce clé du dossier de reconnaissance de l’accident de travail.

En termes de revenus, l’indemnisation se base sur le salaire journalier de référence, avec un taux de 60 % pendant les 28 premiers jours d’arrêt, puis 80 % au-delà. Un complément peut parfois être versé par l’employeur selon la convention collective, mais ce n’est pas automatique.

Pour les indépendants : attention à l’absence de couverture automatique

Contrairement aux salariés, les indépendants (artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs) ne bénéficient pas automatiquement d’une couverture AT/MP. En cas d’accident, les soins sont pris en charge par la sécurité sociale classique, mais aucune indemnité journalière spécifique n’est versée, ce qui entraîne une perte de revenus immédiate.

Pour y remédier, plusieurs options existent :

Un indépendant sans couverture se retrouve souvent en difficulté dès une blessure bénigne nécessitant plusieurs semaines d’arrêt, ce qui peut bloquer la trésorerie de l’activité, générer du retard auprès des clients et fragiliser le paiement des charges.

Que couvre exactement un accident du travail ?

Les situations couvertes incluent :

  • Une chute au bureau ou sur un chantier.
  • Une coupure avec un outil pendant l’activité professionnelle.
  • Un accident de la circulation sur le trajet domicile-travail ou lors d’un déplacement professionnel.
  • Un faux mouvement causant une blessure sur le lieu de travail.

Ne sont pas couverts :

  • Les accidents survenus hors du trajet ou du temps de travail.
  • Les accidents sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants, dans certains cas.
  • Les incidents n’ayant aucun lien avec l’activité professionnelle.

Comment bien se protéger ?

Pour les salariés :

Aucune souscription supplémentaire n’est nécessaire, mais connaître ses droits est essentiel pour activer les garanties AT/MP rapidement et vérifier l’application éventuelle d’un maintien de salaire par l’employeur.

Pour les indépendants :

  • Souscrire une prévoyance avec indemnités journalières adaptées à votre niveau de revenu.
  • Compléter par une assurance AT/MP volontaire auprès de la CPAM.
  • Conserver une épargne de précaution pour couvrir les franchises ou délais de carence.
  • Connaître les démarches à effectuer en cas d’accident pour activer vos garanties sans délai.

Un accident de travail ou de trajet n’est jamais anticipé, mais ses conséquences peuvent être maîtrisées grâce à une couverture adaptée, permettant de protéger à la fois votre santé et la continuité de votre activité.

Crédit photo : © wayhomestudio – Freepik

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