6 120 litiges en 2024 : que faire si votre assureur pro refuse d’indemniser ?

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6 120 litiges en 2024 : que faire si votre assureur pro refuse d’indemniser ?

Dans un contrat d’assurance, tout est censé être clair, lisible, cadré… jusqu’au jour où un mur s’effondre — ou plutôt, un litige surgit. En 2025, les désaccords entre assurés professionnels et compagnies sont loin d’être rares, mais ils suivent un processus précis que tout professionnel devrait maîtriser.

Quand commence un litige avec son assureur ?

Un litige débute dès que l’assuré et l’assureur ne sont plus d’accord sur l’interprétation du contrat ou sur les suites à donner à un sinistre. Cela peut concerner :

  • Un refus d’indemnisation,
  • Un montant d’indemnisation jugé insuffisant,
  • Une résiliation surprise,
  • Une hausse de prime injustifiée,
  • Une absence de réponse ou un flou contractuel.

Contrairement aux assurances personnelles, les litiges pros sont plus techniques, et les enjeux souvent bien plus élevés. Une erreur d’analyse peut coûter des dizaines de milliers d’euros à une entreprise.

Que dit la loi en 2025 ?

Le Code des assurances encadre toujours les litiges, mais plusieurs dispositions ont été renforcées depuis la réforme de 2023 :

  • Article L.112-2-1 : tout refus d’indemnisation doit être motivé sous 15 jours ouvrés.
  • Article L.133-1 : impose à l’assureur un devoir d’information renforcé sur les exclusions.
  • Toute procédure judiciaire doit être précédée d’une tentative amiable.
  • L’assureur est obligé de proposer une médiation gratuite et indépendante.

Ce cadre rend les pratiques plus lisibles, mais encore faut-il savoir les activer au bon moment.

Pourquoi les conflits surgissent-ils ?

Dans 60 % des cas recensés par les médiateurs, le désaccord vient d’une mauvaise compréhension du contrat :

  • Garanties mal lues, ou exclusions noyées dans 30 pages de jargon.
  • Franchises mal expliquées.
  • Déclaration tardive d’un sinistre.
  • Sinistre jugé “non professionnel” par l’assureur (notamment en télétravail).
  • Territoires non couverts par défaut (cas classique avec l’international).

En clair, le diable est dans les annexes.

Procédure : comment gérer un litige étape par étape

  1. Relire son contrat, à tête froide

Avant toute chose, reprenez le contrat signé, y compris les conditions particulières, les exclusions, les plafonds, et les délais de déclaration. Cherchez la clause que l’assureur utilise pour refuser sa garantie.

  1. Contacter son service client

Envoyez un courrier ou mail recommandé, précis, daté, avec toutes les références (n° de contrat, sinistre, dates, pièces jointes). Soyez factuel et conservez une copie.

  1. Adresser une réclamation formelle

Sans réponse satisfaisante dans un délai raisonnable (15 jours ouvrés), passez à l’étape de la réclamation officielle, toujours par écrit. L’assureur dispose alors de 2 mois pour répondre.

  1. Saisir le médiateur de l’assurance

Gratuit et accessible même pour les pros (TPE, freelances), le Médiateur de l’Assurance examine les dossiers dans un délai moyen de 3 mois. Son avis n’est pas contraignant, mais il est suivi dans plus d’un cas sur deux.

Site officiel : www.mediation-assurance.org

  1. Action en justice si nécessaire

Si rien ne bouge, vous pouvez saisir :

  • Le tribunal de commerce (société),
  • Le tribunal judiciaire (indépendant, micro-entrepreneur).

Préparez un dossier complet : échanges écrits, devis, contrats, photos, expertises. L’assistance d’un avocat ou d’un expert en assurance est souvent nécessaire.

Quelques chiffres pour poser le décor

  • 6 120 litiges pros traités par le Médiateur en 2024.
  • 52 % de décisions en faveur partielle ou totale de l’assuré.
  • 3 à 5 mois : durée moyenne d’un processus amiable complet.
  • 75 % des assurés ne lisent pas les conditions particulières avant signature (Ifop 2024).

Les risques si vous laissez traîner

  • Perte sèche de trésorerie si le sinistre n’est pas pris en charge.
  • Litige non résolu = difficulté à se réassurer plus tard (risque aggravé).
  • Mauvaise réputation auprès de clients ou partenaires si l’assurance saute en cours de mission.

Conseils pour ne pas tomber dans le piège

Lisez vos contrats intégralement, même les annexes. Demandez les exclusions par écrit avant de signer. Déclarez tout sinistre immédiatement, même s’il vous paraît mineur. Utilisez votre courtier : il est là pour vous aider à résoudre les conflits. Conservez tous les échanges, datés et horodatés. Anticipez : si vous sentez une incompréhension ou un désaccord, agissez vite.

Un contrat bien relu, un sinistre bien déclaré, et un suivi rigoureux peuvent éviter bien des sueurs froides. En 2025, les outils existent pour défendre vos droits : encore faut-il savoir s’en servir correctement.

Crédit photo : © Wayhomestudio – Freepik

Pour aller plus loin sur votre situation : consultez nos guides métiers ou comparez les acteurs du marché avec notre comparateur d’assurances professionnelles.

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