Une prévoyance pour travailleur non salarié (TNS) coûte généralement entre 30 et 150 € par mois en 2026, soit une fourchette indicative de 400 à 1 800 € par an pour une couverture associant indemnités journalières, invalidité et décès. L’écart est large, car la cotisation dépend avant tout de trois paramètres : votre âge à la souscription, le revenu que vous souhaitez garantir et la franchise acceptée sur les indemnités journalières. Un consultant de 32 ans et un artisan de 52 ans, à revenu garanti égal, paieront des tarifs très différents.
Contrairement à la mutuelle santé, la prévoyance ne fait l’objet d’aucune grille publique : chaque assureur tarife selon ses propres tables, après questionnaire de santé. Les montants présentés ici sont donc des ordres de grandeur observés sur le marché, à affiner systématiquement par devis. Pour comprendre les garanties elles-mêmes et les trous de couverture du régime obligatoire, consultez notre guide complet de la prévoyance dirigeant TNS.
Les fourchettes de prix en 2026
Le tableau ci-dessous donne des repères par profil type, pour un contrat couvrant les trois risques principaux (incapacité de travail, invalidité, décès). Les montants supposent un questionnaire de santé sans surprime.
| Profil | Fourchette annuelle indicative | Ce qui est couvert |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur, activité de bureau, revenu modeste | 250 à 600 € | Socle d’indemnités journalières + capital décès de base |
| TNS de moins de 35 ans, profession intellectuelle, revenu autour de 25 000 € | 350 à 700 € | IJ avec franchise standard, invalidité, capital décès |
| Artisan ou commerçant de 40 à 45 ans, revenu autour de 35 000 € | 600 à 1 200 € | IJ franchise courte, invalidité appréciée selon le métier, décès |
| Profession libérale de 45 ans, revenu autour de 60 000 € | 900 à 1 800 € | IJ élevées, rente invalidité renforcée, capital décès majoré |
| Dirigeant TNS de 50 à 55 ans, revenu de 80 000 € et plus | 1 500 à 3 000 € | Couverture complète + rente conjoint et rente éducation |
Fourchettes indicatives constatées sur le marché, à confirmer par devis personnalisé.
Un point d’attention : ces budgets correspondent à des contrats complets. Un contrat limité aux seules indemnités journalières peut descendre nettement plus bas, mais il laisse l’invalidité, le risque financièrement le plus lourd, à la charge du seul régime obligatoire.
Ce qui fait varier le prix
L’âge à la souscription est le premier facteur : les tables de mortalité et d’incapacité utilisées par les assureurs font mécaniquement grimper la cotisation au fil des années. Souscrire à 35 ans plutôt qu’à 50 ans, à garanties égales, change durablement le budget, d’autant que certains contrats figent les conditions d’acceptation médicale.
Le revenu garanti vient ensuite. La cotisation est globalement proportionnelle aux montants assurés : doubler l’indemnité journalière ou le capital décès double, en ordre de grandeur, la part de prime correspondante. D’où l’intérêt de garantir votre revenu réel, pas un montant théorique gonflé que l’assureur refusera de toute façon de verser si le contrat est indemnitaire.
La profession exercée pèse lourd. Les métiers manuels ou exposés (bâtiment, transport, métiers de bouche) sont tarifés plus cher que les professions de bureau, car la fréquence des arrêts de travail y est plus élevée. Un artisan du second œuvre peut constater un écart sensible avec un consultant du même âge, à revenu équivalent.
La franchise sur les indemnités journalières — le nombre de jours d’arrêt avant indemnisation — est le levier tarifaire le plus direct. Une franchise de 3 ou 7 jours coûte significativement plus cher qu’une franchise de 30 ou 90 jours, car les arrêts courts sont les plus fréquents.
Enfin, la déduction Madelin ne change pas la prime affichée, mais elle réduit le coût réel net d’impôt. Les TNS imposés au régime réel peuvent déduire leurs cotisations de prévoyance de leur bénéfice imposable, dans les limites prévues par le dispositif : plus votre taux marginal d’imposition est élevé, plus l’économie est importante. Deux réserves : les micro-entrepreneurs n’y ont pas accès (leur abattement forfaitaire est exclusif de toute déduction réelle), et les prestations servies par un contrat Madelin sont imposables à la sortie. Le cadre fiscal des indépendants au micro est détaillé dans notre article sur les assurances et le budget réaliste d’une micro-entreprise.
Comment payer moins sans rogner les garanties
Allongez la franchise plutôt que de réduire les montants. Si votre trésorerie peut absorber 30 à 90 jours sans revenu, accepter une franchise longue fait baisser la prime sans toucher à la protection contre les sinistres graves — ceux qui durent des mois et menacent réellement votre activité.
Priorisez l’invalidité sur les arrêts courts. Un arrêt de deux semaines se gère avec de l’épargne ; une invalidité à 45 ans ne se rattrape pas. À budget contraint, mieux vaut une rente invalidité solide avec une franchise IJ longue que l’inverse. Vérifiez aussi le barème d’invalidité retenu : un barème professionnel (appréciant l’inaptitude à votre métier) protège mieux qu’un barème croisé ou fonctionnel, à prime parfois proche.
Ajustez le capital décès à votre situation familiale. Sans personne à charge, un capital décès élevé est une dépense peu utile ; réaffectez ce budget aux indemnités journalières ou à l’invalidité.
Comparez à garanties strictement équivalentes. Les écarts de prime entre assureurs, à couverture comparable, sont importants sur ce marché où chaque acteur tarife selon ses propres tables. Passez par un comparateur d’assurances professionnelles ou un courtier spécialisé, en vérifiant ligne à ligne franchise, barème d’invalidité, exclusions (dos, troubles psychiques) et caractère indemnitaire ou forfaitaire des IJ.
Revoyez le contrat à chaque évolution de revenu. Un contrat calibré sur un bénéfice de début d’activité devient sous-dimensionné quand le revenu progresse — et inversement, payer pour garantir un revenu que vous ne dégagez plus est de l’argent perdu si le contrat est indemnitaire.
Questions fréquentes
La prévoyance est-elle obligatoire pour un TNS ?
Non, aucune obligation légale n’impose une prévoyance complémentaire aux travailleurs non salariés. Le régime obligatoire des indépendants verse des prestations en cas d’arrêt, d’invalidité ou de décès, mais leurs montants sont généralement très inférieurs au revenu d’activité, en particulier pour l’invalidité. La prévoyance privée vient combler cet écart : facultative en droit, elle est souvent indispensable en pratique dès que le foyer dépend du revenu de l’indépendant.
La loi Madelin réduit-elle vraiment le coût d’une prévoyance ?
Oui, pour les TNS imposés au régime réel : les cotisations sont déductibles du bénéfice imposable dans les limites du dispositif, ce qui réduit le coût net d’autant plus que le taux marginal d’imposition est élevé. La contrepartie est que les prestations versées (indemnités journalières, rentes) sont imposables. Les micro-entrepreneurs, eux, ne peuvent pas déduire leurs cotisations et paient donc le tarif plein.
Quelle franchise choisir pour les indemnités journalières ?
La bonne franchise dépend de votre trésorerie de sécurité. Si vous disposez de un à trois mois de revenus d’avance, une franchise de 30 à 90 jours réduit sensiblement la cotisation sans vous exposer sur les sinistres longs. Une franchise courte (3 à 15 jours) ne se justifie que si un arrêt même bref met immédiatement l’activité en péril, ce qui concerne surtout les métiers manuels sans possibilité de télétravail.
Le tarif d’une prévoyance augmente-t-il avec l’âge ?
Cela dépend de la structure du contrat. Certains contrats prévoient une cotisation qui évolue par tranche d’âge, d’autres une cotisation lissée sur la durée. Dans tous les cas, souscrire jeune coûte moins cher à l’année et évite les surprimes ou exclusions médicales qui deviennent plus fréquentes après 45-50 ans. Relisez la clause de révision tarifaire avant de signer : c’est elle qui détermine l’évolution réelle de votre budget.