Loi de simplification du 26 mai 2026 : ce qui s’applique déjà à votre TPE

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Loi de simplification du 26 mai 2026 : ce qui s’applique déjà à votre TPE

La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a supprimé une série de formalités qui pesaient sur les TPE. Plusieurs sont déjà applicables, d’autres attendent un décret ou le 1er janvier 2027. Le risque, pour un dirigeant qui lit les titres de presse, est d’en conclure que les obligations elles-mêmes ont disparu.

Elles n’ont pas disparu. Le texte allège des déclarations administratives, il laisse intactes les obligations de fond, à commencer par celles qui conditionnent la couverture d’assurance. Cet article fait le tri, mesure par mesure, en indiquant pour chacune sa date d’effet réelle et ce qui reste exigible.

Une loi qui s’applique en trois temps

Toutes les mesures ne sont pas entrées en vigueur le même jour. Trois régimes coexistent, et c’est la première source de confusion.

  • Applicable immédiatement, à partir du 26 ou du 28 mai 2026 selon la mesure : mensualisation du loyer commercial, plafonnement du dépôt de garantie, gratuité de la clôture des comptes bancaires des personnes morales.
  • Applicable à une date différée : l’information préalable des salariés en cas de cession vaut pour les opérations intervenant à compter du 26 juillet 2026, et la restitution encadrée du dépôt de garantie à compter du 26 août 2026.
  • Suspendu à un décret ou reporté au 1er janvier 2027 : allègement déclaratif du mécénat, régime simplifié d’accès à l’agrément Esus, visite de conseil avant l’ouverture d’un établissement recevant du public.

Avant d’abandonner une démarche, vérifiez donc dans quelle catégorie elle tombe. Une formalité supprimée sur le papier mais dont le décret n’est pas paru reste exigible.

Cession d’entreprise : l’information des salariés passe à un mois

Pour les cessions intervenant à compter du 26 juillet 2026, le délai minimal d’information préalable des salariés est ramené de deux mois à un mois. L’article L23-10-1 du Code de commerce porte désormais que les salariés sont informés « au plus tard un mois avant la vente », afin de leur permettre de présenter une offre de reprise.

Deux autres ajustements accompagnent cette réduction. Le plafond de l’amende civile encourue en cas de manquement passe de 2 % à 0,5 % du prix de vente. Et dans les entreprises d’au moins cinquante salariés dotées d’un comité social et économique, l’obligation d’information directe des salariés disparaît : seule la consultation du comité sur le projet de cession demeure exigée.

Le raccourcissement du délai a une conséquence pratique sur l’assurance. Une cession se prépare avec un audit des contrats en cours, et le repreneur hérite des polices qui se transmettent avec le fonds. Un mois laisse moins de temps pour vérifier les garanties subséquentes et les déclarations d’activité du cédant.

ERP de moins de 300 m² : une déclaration certifiée remplace l’autorisation

Depuis le 28 mai 2026, et sous réserve du décret d’application, certains établissements recevant du public de moins de 300 m² peuvent remplacer l’autorisation préalable de travaux par une déclaration de conformité aux règles d’accessibilité et de sécurité incendie, à condition de conserver la même activité.

Le point à ne pas manquer tient en trois éléments. Cette déclaration doit être certifiée par un tiers compétent et indépendant. Elle doit être transmise avant le début des travaux. Et l’administration conserve un droit d’opposition.

Les règles de sécurité incendie et d’accessibilité, elles, sont inchangées. Ce qui change, c’est qui les contrôle et à quel moment. Pour l’exploitant, la pièce à conserver n’est plus un arrêté d’autorisation mais une attestation de tiers, et c’est elle que l’assureur demandera après un sinistre pour vérifier la conformité des travaux.

Les formalités supprimées, et ce qui reste exigible

Ces deux mesures illustrent le mieux la logique du texte, et le contresens à éviter.

Les sociétés de portage salarial n’ont plus à déclarer préalablement leur activité à l’administration. L’obligation de garantie financière, elle, reste entière. L’article L1254-26 du Code du travail impose à l’entreprise de portage de justifier « à tout moment » d’une garantie couvrant, en cas de défaillance, les salaires et leurs accessoires, les indemnités, les cotisations dues aux organismes de sécurité sociale et les remboursements qui peuvent incomber à l’employeur. L’article L1254-27 est plus net encore : « L’activité d’entrepreneur de portage salarial ne peut être exercée qu’après obtention de la garantie financière. » La déclaration a disparu, la condition d’exercice non.

Pour l’apprentissage, l’employeur n’a plus à effectuer la déclaration attestant de sa capacité à organiser la formation. Il reste tenu d’assurer des conditions de formation adaptées et un encadrement de qualité. Les obligations de sécurité et les règles propres aux jeunes travailleurs ne bougent pas, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur les responsabilités et les assurances liées à l’accueil d’un apprenti.

Commerce : liquidation, déballage et occupation du domaine public

La loi supprime entièrement le cadre juridique des ventes en liquidation : plus de déclaration préalable, plus de durée maximale imposée, plus d’obligation d’inventaire des marchandises. La définition même de ces ventes disparaît du Code de commerce.

Pour les ventes au déballage, Bpifrance Création indique qu’elles ne sont plus soumises à déclaration préalable en mairie. Une réserve s’impose ici : l’article R310-8 du Code de commerce, qui organisait cette déclaration, est toujours publié comme en vigueur à la date de cet article. Avant une opération, interrogez la mairie concernée, d’autant qu’elle reste de toute façon l’interlocuteur pour l’occupation du domaine public.

Cette occupation, elle, n’est pas touchée par la loi. L’article L2122-1 du Code général de la propriété des personnes publiques interdit d’occuper une dépendance du domaine public sans titre, l’article L2122-1-1 impose une procédure de sélection préalable lorsque le titre permet une exploitation économique, et l’article L2125-1 pose le principe d’une redevance. Un stand installé sur une place publique reste donc soumis à autorisation, et cette autorisation est généralement subordonnée à la production d’une attestation de responsabilité civile.

Les trois vérifications à faire avant le 1er janvier 2027

La suppression d’une formalité ne vaut jamais suppression de la preuve. Trois réflexes évitent la mauvaise surprise au moment du sinistre.

  • Conservez les attestations de tiers. Quand une déclaration certifiée remplace une autorisation administrative, c’est l’attestation du tiers qui devient votre seule pièce justificative. Archivez-la avec le dossier de travaux.
  • Vérifiez la date d’effet avant d’abandonner une démarche. Plusieurs mesures attendent un décret. Une formalité annoncée comme supprimée mais encore réglementée reste opposable.
  • Relisez les clauses d’assurance de votre bail. La mensualisation du loyer et le plafonnement du dépôt de garantie ne modifient pas l’obligation d’assurance du local, que nous détaillons dans notre article sur la répartition des assurances entre bailleur et locataire.

À retenir

  • La loi du 26 mai 2026 s’applique en trois temps : immédiatement, à date différée, ou après décret. Vérifiez la catégorie avant d’abandonner une démarche.
  • L’information des salariés en cas de cession passe à un mois pour les opérations à compter du 26 juillet 2026, et l’amende civile plafonne à 0,5 % du prix de vente.
  • Un ERP de moins de 300 m² peut remplacer l’autorisation de travaux par une déclaration certifiée par un tiers indépendant, l’administration gardant un droit d’opposition.
  • Le portage salarial perd sa déclaration préalable mais garde sa garantie financière : l’article L1254-27 du Code du travail en fait une condition d’exercice.
  • L’occupation du domaine public reste soumise à titre et à redevance, et l’attestation de responsabilité civile reste demandée.

Questions fréquentes

La loi de simplification supprime-t-elle des obligations d’assurance ?

Non. Le texte allège des formalités déclaratives et administratives. Les obligations d’assurance et les conditions d’exercice qui en dépendent sont maintenues. Le portage salarial en est l’illustration la plus claire : la déclaration préalable d’activité disparaît, mais l’article L1254-27 du Code du travail continue de subordonner l’exercice de l’activité à l’obtention de la garantie financière.

À partir de quand le délai d’information des salariés est-il d’un mois ?

Pour les cessions intervenant à compter du 26 juillet 2026. L’article L23-10-1 du Code de commerce prévoit désormais que les salariés sont informés au plus tard un mois avant la vente, afin de leur permettre de présenter une offre. Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés dotées d’un comité social et économique, l’information directe est remplacée par la consultation du comité.

Mon établissement de moins de 300 m² peut-il se passer d’autorisation de travaux ?

Depuis le 28 mai 2026 et sous réserve du décret d’application, certains établissements recevant du public de moins de 300 m² peuvent substituer à l’autorisation préalable une déclaration de conformité aux règles d’accessibilité et de sécurité incendie, à condition de conserver la même activité. Cette déclaration doit être certifiée par un tiers compétent et indépendant, transmise avant le début des travaux, et l’administration conserve un droit d’opposition.

Faut-il encore déclarer une vente au déballage en mairie ?

Bpifrance Création indique que la déclaration préalable en mairie est supprimée par la loi du 26 mai 2026. L’article R310-8 du Code de commerce, qui l’organisait, reste toutefois publié comme en vigueur à la date de cet article. Interrogez la mairie avant l’opération : elle demeure de toute façon l’autorité compétente pour l’occupation du domaine public.

La mensualisation du loyer commercial change-t-elle l’assurance du local ?

Non. La possibilité de payer le loyer au mois et le plafonnement du dépôt de garantie à un trimestre, prévu à l’article L145-40 du Code de commerce, portent sur les modalités financières du bail. La clause d’assurance du bail et la répartition des garanties entre bailleur et locataire restent celles que prévoit le contrat.

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